Poste restante

Un certain regard sur le monde... Ce lieu est un petit bout de web sans prétention, qui réunit quelques informations au fil de mes recherches, mes envies et surtout de ma disponibilité ! Certains articles sont régulièrement mis à jour, n'hésitez pas à farfouiller ou à suivre la page Facebook qui les indique.

[Fragment 30 : Connexions/Reconnexion]

Elle continuait son chemin. Elle se savait fragile mais elle avait ouvert grand, très grand. Elle avait demandé et reçu… L’Univers avant répondu : à qui sait demander il offre. A qui sait remercier, il donne. C’est illimité. Mais qui a la capacité de recevoir autant ?

Au temps… Quelle leçon. Elle avait donc vu. Et plus : touché, ressenti et senti, goûté, partagé. L’ouverture était là, juste devant, à quelques encâblures.

Comme c’était beau ! Doux, bon, tendre et plein de tant de promesses…

Et la réalité s’était replacée. Elle avait repris ses droits, les contingences revenues au premier plan. Alors sa perception s’était brouillée. Encore. Les larmes revenues, le chagrin sans fond, la peine abyssale, celle qui cloue au sol, qui exige sa place et son espace. Elle avait laissé les torrents ravager ses rives, encore. Elle avait accepté que la leçon n’était pas encore intégrée. Qu’il lui fallait de l’aide. Elle avait ouvert son intuition en grand. Après avoir vécu la plus belle des intégrations et des révélations dont elle ne revenait pas encore, au rythme d’un tambour aimé, elle devait redescendre sur Terre. Traverser les voiles des mondes était d’une facilité déconcertante mais se conciliait mal avec le quotidien et sa réalité actuelle. Elle avait cette chance inestimable d’avoir des ami.e.s en or. De pouvoir s’appuyer sur leurs regards croisés, leur gentillesse et disponibilité. Pour une fois, elle prit la mesure de tout ce qui l’avait portée depuis des mois. Elle ne savait comment remercier et comprenait que de toute façon, il n’était pas temps.

Elle y revenait. Au temps. Au temps pour soi. Elle se fit le cadeau d’un soin. D’une découverte. Le trajet joyeux contrastait avec les périodes précédentes et ce qu’elle traversait. Mais comment expliquer combien certaines rencontres peuvent nous bouleverser. Combien un seul grain de sable peut parfois apporter le plus grand des changements ? Quel cadeau il peut être ?

Elle s’était offert une rencontre. Un partage immense. Elle avait été purifiée et guérie par l’Amour des Dragons des Nuées. Elle était portée dans son nettoyage par la mise en lumière d’un Dragon de Feu. Et elle fut reconnue et soignée par un Ange. Oh ! Cela relaté ainsi peut sembler bien mièvre. Mais il n’en est rien : la leçon est ardue, son intégration demande un lâcher-prise, une humilité et une acceptation totale. C’est le prix à payer pour avancer. Encore.

Retour au temps. A celui qui passe, qui file, que l’on peut trouver si long comme tellement court. Elle faisait l’expérience de sa perte totale. Son ancrage mis à mal, elle était de nouveau perdue dans ses flux. Ce qu’elle sentait, ce qu’elle percevait, ce qu’elle voyait et vivait se confondait avec la trame réelle. Enfin réelle, celle du temps immédiat. Celle du moment présent. Et dans ce présent-là, il n’y avait pas la place – pas encore – pour les potentialités entrevues. Son Cœur s’affolait. Se rebellait complètement. L’esprit n’avait plus de prise, elle décrocha. Pour mieux revisiter ses ombres, revenir aux techniques d’auto-sabotage, se replier. Réflexe de survie, contention de la douleur. Refuser l’extérieur, qui peut être si beau mais tellement inconstant. Retour aux tourments intérieurs : eux si connus et en un sens, presque rassurants dans leur familiarité. Évidemment, projeter et égratigner en face, pour vérifier la solidité du mur. Le Masculin ne la rata pas. Évidemment. Demander une relation pour grandir, se transformer, évoluer c’est une chose. En éprouver la véracité dans toutes ses facettes en est une autre. Et commencer en se noyant littéralement dans sa douceur une si belle entrée en matière. Continuer en explorant la douleur est son revers. Quelle médaille !

Déposer les armes.

Encore. Et recevoir une infinie compréhension là où elle ne voulait encore une fois que fuir. Voir s’ouvrir en face une bienveillance, s’illustrer quasi immédiatement des propos entendus quelques heures auparavant et à une provocation recevoir en réponse de l’Amour la décontenança bien plus encore. Alors demande oui, petite sorcière en chemin, arpente et demande. Les rappels sont là, les garde-fous aussi : ils te permettent de vivre et de traverser les expériences en sécurité. Oh oui, avec les tourments associés. C’est ainsi, triplement cornée : tu as besoin de la confrontation et de la répétition. Soit. Les apprentissages s’accélèrent et dans cette phase d’ouverture en conscience le temps et l’espace se doublent du confort matériel tout juste équilibré pour les vivre en profondeur.

Pour cela elle remercia. La tête au ras du sol, dans des tourbillons de fumée d’offrandes toutes symboliques. Elle avançait. Cahin-caha. Entourée, aimée et confiante. Mais tellement perdue entre les mondes…

« Il n’y a pas de raccourci vers Nous. »

Non, à commencer par celui de faire l’impasse sur sa propre unification de prime abord. Ni sur les nettoyages à réaliser au préalable. Parce que « nous c’est soi » (chacun piochera dedans).

Retour à ses seuls pieds nus. Fouler le sol, reprendre conscience de son corps, ses limites, l’habiter. Retour en solitude, terres connues mais pour autant pas encore assez arpentées. Retour à la créativité, à la construction de son socle, encore bien trop fragile. Retour aux priorités, à la transmission, à l’ouverture à ce qui s’ouvre et se dessine. Aux partages, à l’amitié et aux belles équipées.

« Le Temps n’existe pas. » En effet, leur multiplicité est une figure complexe dans laquelle il est facile de se noyer. Immersion. En soi, en soin, dans les soins (à recevoir comme à donner – le message est intégré). Retour à ses racines. En ce Printemps où Paris brûle (elle est loin d’être la seule) les scories accompagnent parfois les pollens flottant dans les vents. Se laisser porter et arrêter de vouloir aller plus vite que la musique. Vraiment. Et se rappeler que chacun a la sienne. S’accorder. Le droit au répit, le droit à soi. Soi-même et soi-m’aime. Continuer.

Et vérifier qu’à un prochain croisement des chemins les rythmes s’accorderont… Peut-être. Et si pas, sourire à la vue d’un raccourci qui n’est qu’un leurre, encore une fois.

Intégration. Intégrations. La Reconnexion n’est plus si loin… Les Mondes demandent à se relier, mais encore faut-il avoir les compétences et la stabilité pour le leur permettre.

Sourire de l’Alchimiste. Oh, il n’est jamais loin celui-là. Quand les compréhensions affleurent il prend acte. Et ne bouge pas… Pour le moment. Probablement là encore parce qu’il n’est pas Temps. Et la boucle se boucle…

Se nourrir en conscience

Ce thème est transversal…

Entre les quelques recettes ici et là, ma passion pour le kéfir et une réflexion sur d’autres sujets comme l’autisme, les liens commencent à se faire plus transparents.

Je ne citerai pas Hippocrate (comprendre pourquoi ici) mais je rejoins néanmoins l’idée.

Partant du constat que nous nous nourrissons de ce qui nous entoure (au sens large : aliments certes, mais aussi notre environnement, notre lieu de vie, celui de travail, nos loisirs mais encore au contact des arts, de la Nature…), la réflexion devient un peu plus complexe et peut pourtant se résumer ainsi : « par quoi ai-je envie d’être alimenté et de quoi ai-je faim ? Qu’est-ce qui me nourrit ?« . Si ça n’a l’air de rien, pourtant ces questions sont fondamentales.

Mais revenons aux bases.

Le signal : avoir faim.

Réapprendre à écouter son corps. Dans une société où les rythmes sont calés sur les institutions (école, travail…) nos besoins corporels sont parfois assez artificiels. Les structures et codes sociaux entrent aussi en ligne de compte : la cantine, le restaurant du midi entre collègues, la pause déjeuner dans une salle dédiée et bien sûr les dîners en famille et entre amis.

Pourtant il est fondamental d’écouter son corps. Sauter un repas, manger moins, manger autrement… Et ne pas se laisser intimider par des us perçus comme des diktats. Rester soi, rester sain signifie vivre comme on le souhaite. Et donc, se nourrir en décalé si le besoin est là, ne pas manger s’il ne se manifeste pas, jeûner si le corps appelle… Et bien évidemment, apprendre à reconnaître les signaux ! Manger par ennui, stress ou compensation ne rentrent pas dans la nécessité physiologique. Mais encore faut-il être conscient.e du message envoyé et savoir le décrypter.

Bref, se réconcilier avec soi-même et s’écouter.

Et vous savez quoi ? Passé la première angoisse du jugement, on s’aperçoit assez vite qu’en ne disant rien (pour se justifier ni anticiper les questions) la curiosité engendre des échanges parfois très riches… Et qu’en bougeant nos lignes de conduite on permet à d’autres de rendre les leurs un peu plus mobiles aussi 😉

L’intention : de quoi ai-je envie ?

En voici une bonne question !

De fruits ? De légumes ? De chocolat ? De sucré ? De frais ? De produits de saison ? Cuits ? Crus ?

Combien de fois ce qui nous guide correspond au contenu du frigo et/ou au menu du restaurant habituel mais pas à notre envie du moment ?

Mais la vraie question reste : qu’est-ce qui fait sens pour moi ? Et dans quelle intention vais-je le manger ?

Une fois résolue cette interrogation, reste celles du sens et de l’ordre.

Selon sa culture, ses habitudes et son régime alimentaire (attention, au sens large et pas de diète restrictive ou de méthode miracle trouvée dans un journal féminin !), l’ordre d’ingestion des aliments et leurs associations varient. Chacun fera selon son ressenti et ses envies. Écouter son instinct est souvent très bénéfique. Et s’interroger sur les habitudes différentes des nôtres conduit parfois à de jolies découvertes.

Ainsi les fruits seraient bien plus digestes en début de repas, ou consommés en dehors des repas à minimum 2h d’intervalle. Et le café serait bien plus bénéfique s’il est consommé avant un repas qu’à la fin… Pour les curieux, n’hésitez pas à ouvrir votre moteur de recherche favori 😉

L’ordre donc, mais également le sens. Pourquoi est-ce que je mange ainsi ? Quelles informations est-ce que je donne à mon corps ? Quels nutriments, quelles vitamines et comment sont-ils assimilés ?

Eh oui ! Se délecter d’un délicieux repas végétarien plein de vitamines et de minéraux, concocté avec amour et finir en dégustant un bon thé vert… Sur le papier c’est très joli mais techniquement tout le fer contenu dans les oléagineux, algues et autres savoureux ingrédients choisis en conscience pour éviter toute carence sont en fait presque rendus impossibles à fixer… A cause du thé ! Il aurait fallu attendre quelques heures que la digestion soit bien entamée, voir finie, pour le boire et en retirer tous les bénéfices.

Attention, il s’agit d’exemples et encore une fois : faites-moi plaisir et soyez sceptiques ! Faites vos propres recherches et vérifiez ce qui est écrit : je ne suis ni médecin ni nutritionniste.

Manger, mais alors pourquoi ?

Ça y est, vous avez fait vos courses en conscience, déterminé quels ingrédients et préparations ont vibré pour vous et établi votre liste des menus de la semaine… Tout est prêt, vous avez faim – vraiment faim – et sur la table les plats sont dressés et n’attendent plus que vous.

Faisons donc un petit tour par un TedEx fort intéressant… How the food you eat affects your brain (« Comment ce que vous mangez impacte votre cerveau ».)

Toujours pas convaincu.e ? Alors revenons aux fondamentaux : le microbiote et son rôle, avec cet article de France Inter. Tiens tiens tiens… Mais ne tiendrait-on pas un lien avec notre ami le kéfir et ses colonies de pré et probiotiques ? Et que dire de la lactofermentation ? Alors, vous commencez quand ?

Encore plus ? Allons donc voir ce qu’en disent BFMTV et Santé Magazine ! Si si !! 😉

Et comment est-ce que je mange ?

Vite ? Très vite ? Par nécessité ? Ou par jeu ? Par goût ? En toute convivialité ? (Et oui on peut tout à fait manger de façon conviviale en étant seul.e !) Assis ? Debout ?

Quelles incidences les postures ont-elles sur mon corps ? Sur l’assimilation des aliments ? De ce qui me nourrit en général ?

Une vidéo d’Arte que j’aime beaucoup :

Manger, parfois c’est compliqué

Déjà, savoir ce que l’on veut soi-même relève parfois d’une sacrée gageure… Avoir des enfants, de la famille, un conjoint, un colocataire (ou plusieurs, soyons fous !) peut notablement complexifier les choses. Ajoutez quelques paramètres sympathiques – entre les goûts des uns et des autres et les intolérances et autres allergies – et allez prendre un cours avancé d’Excel histoire de réaliser un joli tableau croisé dynamique pour satisfaire /éviter d’empoisonner vos convives !

Il existe néanmoins des ressources. Je ne résiste pas à mentionner celle de Josef Schovanec et son livre de recettes par et pour les personnes autistes.

Et je termine ce court article (oui oui ! Ce sujet est tellement vaste qu’il mériterait une encyclopédie à lui seul) par une citation :

« Les rêves sont la nourriture des dieux. »

Paul Ohl / Soleil noir

Alors, de quoi allez-vous rêver aujourd’hui ?

[Fragment 29 : Résonances verticales…]

Il n’était pas encore temps. Cette phrase était devenue comme un mantra, elle revenait encore et encore, sur bien des sujets. Au fil de ses promenades elle parcourait les forêts et les sentiers, saluait les gardiens, goûtait à la prodigieuse générosité de la Nature. Seule. Et patiente. Elle savourait ces instants, le visage levé vers la chaleur du soleil comme baigné par les rayons doux de la lune. Elle regardait passer les saisons, observait les uns et les autres et retrouvait peu à peu ses marques. Son odeur aussi. Tout lui paraissait neuf et en même temps avait cette familiarité qui imprègne les vieilles maisons de famille, où chaque pièce évoque subtilement ses anciens habitants sans qu’on en trouve plus trace pourtant.

Elle regardait passer les jours et ouvrait grand ses oreilles. De judicieux conseils trouvèrent alors leur auditoire et elle posa sa demande. Tenue par sa parole, elle frissonnait et pourtant restait droite, élancée vers le ciel, les deux pieds plantés au sol, faisant le lien, laissant son cœur vibrer pour mieux lancer les mots. Elle les laissa couler, initiant la vibration puis l’ancrant fermement dans la matière. Le retour fut aussi rapide qu’heureux. Elle en resta stupéfaite : oui, elle avait réussi. Consciemment, dans la joie et la fluidité. Elle célébra et laissa filer les jours, encore. La situation se mettait en place d’elle-même, avec tout ce qu’elle avait pu demander – et un bonus ! « Bienvenue sur Terre, Sorcière qui s’incarne enfin ! » semblaient lui chuchoter les gardiens, un peu taquin…

Les résonances perdurèrent et elle surfa dessus pour mieux les diffuser. Elle contaminait petit à petit tous ceux autres qui l’avaient soutenue jusque là, heureuse de pouvoir leur rendre une infime partie de ce qu’ils lui avaient donné. Les heures se teintaient de pluie, de nuit. Les journées raccourcies montraient leurs visages gris. Mais cela ne l’inquiéta pas : « après la pluie, le beau temps » disait-on. Elle laissa filer des occurrences, concentrée sur ses propres vibrations. Il n’était pas encore temps d’émettre, quand bien même quelques indicateurs commençaient timidement à passer au vert. Elle parcourait simplement ses playlists, portée par les algorithmes qui suggéraient de belles découvertes. L’analyse certes, la prise de recul, évidemment, et l’intuition, la meneuse de revue.

Elle guettait les premières gelées, en ayant hâte de retrouver les cynorrhodons en vue de préparer les sirops de l’hiver. Mais les températures n’avaient pas vraiment l’envie de tant baisser et elle se contenta de vaquer à ses tâches – déjà fort nombreuses ! Glaneuse de noisettes, ramasseuse des belles Lucques, préparatrice des confitures de tomates vertes et lacto-fermentrice de blettes… Elle s’improvisait magicienne dans sa cuisine, parfois armée d’un mixeur plongeant, retrouvant une alchimie qui lui avait tant manqué. D’échanges inspirés en confidences soutenantes, elle tissait doucement la toile de la sororité, de nouveau attentive à d’autres mondes que les siens.

Dans ses préparatifs, aidée par des conjonctions si improbables qu’elles ne trouveraient même pas crédit dans un roman contemporain aussi surréaliste soit-il, elle avait cet ancrage fort liant ses rêves à la terre, joignant ses énergies aux puissantes émissions de Gaiia. De journées chargées en soirées tout aussi pleines, elle se dégagea le temps nécessaire à une pause bienvenue. Sortie attendue, sortie inattendue. Presque frustrée d’une durée subjective jugée collectivement bien trop courte, elle réintégra ses pénates… Et suivi son intuition. Cette petite voix qui appelait, qui tirait malgré l’heure, la fatigue et les impératifs du lendemain. Elle ne comprenait pas.  Nulle logique, nul signal aussi faible soit-il. Mais il en est ainsi parfois, et elle décida qu’il n’y avait rien à perdre. Aussi doubla-t-elle son geste, lâchant toute autre intention que de générer un sourire. C’était déjà bien, après tout… C’était l’essence de ce qu’elle distillait au quotidien depuis ces semaines, où elle se ravissait d’un échange de regard, d’une trille d’oiseau, une fleur se balançant dans le vent… De toutes ces merveilles qu’elle semblait parfois seule à voir et qui la portait dans ses vagabondages.

Alors c’était ainsi la Vie et elle la savourait. Avec ses langueurs, ses creux, ses tempos si différents. Elle se réjouissait de progrès infimes, de nouvelles recettes, d’inspirations subites, d’heures passées à arpenter les sentiers plein de gadoue, et de tous les messages qui formaient la toile de ses flux. Elle ne les racontait pas, solitaire et heureuse de finalement ne pas poster de photos ni récits. Certains amis proches devinaient ses connexions, ses besoins fous d’aller par-delà les vignes. Quelques privilégiés partageaient ces levers de Lune, ces toiles d’étoiles, ces lumières si fines qui piquetaient leurs escapades. Avec parfois en bonus une bande son originale, patchwork musical résonant largement et nimbant leurs méditations d’une aura classique et pourtant si moderne… Paradoxe de ces moments si rares, précieux souvenirs qu’elle enfouissait au fond de son cœur pour mieux les ressortir plus tard et se réchauffer à leur souvenir. Rien de fixé, seules les intentions et quelques paroles flottaient, souvent agrémentées de rires complices.

Elle en souriait encore en se tordant gentiment les chevilles sur les pierres roulantes d’un de ses parcours favoris, amusée par une Lune si vive qu’elle en éclairait le chemin en rendant inutile toute autre source lumineuse, lorsqu’un crapaud aventureux lui barra le chemin. Pas peureux, il s’approcha d’elle et leur dialogue livré de cœur à cœur est désormais connu des dévas présentes sur les rives alentours… On murmure qu’en tendant bien l’oreille et en leur livrant leurs offrandes favorites, ils en chanteraient quelques bribes, mi-amusés mi-moqueurs de ces êtres ayant perdu la foi depuis si longtemps et qui soudain revenaient à leur vraie Nature, révélant alors tous les possibles… Nul baiser ne fut échangé : à quoi bon ? Le batracien placide poursuivit simplement son chemin. Et elle le sien. Les transformations sont d’un autre ordre. Les transports ont lieu sur d’autres plans et seule la Magie opère, faisant danser les mots, liant les maux pour mieux en transmuter leurs peines et les expurger. Il ne leur reste qu’à entrer dans la lumière, dans leurs lumières, à leurs rythmes et dans un ballet habillement mené, fait de contretemps, de virevoltes, d’habiles chassés-croisés où l’observateur ne saurait même trouver les points de jonctions tant ils sont fugaces. Mais les cœurs savent et les âmes chantent. Il en est ainsi des Vies : parfois elles s’entremêlent, parfois leurs souffles s’emmêlent. Et sous le regard amusé et toujours aussi perçant et affûté de l’Alchimiste, resté bien en retrait, les premiers battements du tambour résonnent, comme autant de marques et d’invitations… Tandis que spirales et points guident leur danse céleste.

En mouvement, empaquetant ses possessions, triant et rangeant, nettoyant et déplaçant : il est des énergies qui appellent au neuf. Il en est d’autres qui souhaitent rester et tout est Juste. Que chacun fasse en sa conscience, la sienne étant désormais confiée à une petite voix timide, si souvent étouffée jusque là et qui maintenant se trouve les rênes en main. Advienne ce qui est !

[Fragment 28 : Ainsi vint le Mat]

A la lisière des sorties, entre les foules raisonnées, les concerts et les visions inattendues, elle l’avait croisé. A plusieurs reprises. D’abord épuisé, puis confondu, retrouvé, grimé et aussi déguisé. Il était partout et nulle part, entre des mondes faits de limbes. Après quelques échanges toujours trop brefs, jamais si évidents, elle s’était sentie en terrain – presque – connu. Qui mieux qu’elle sait s’entourer d’intangible ?

De malentendus en communications entrecoupées de silences non intentionnels, elle avait fini par se faire inviter dans sa tanière. Inversion des rôles, drôles de coïncidences… Pour une jonction très claire. Ce fut à son tour d’arriver lessivée, tendue comme une corde après tant de nuits trop courtes, d’un mental qui n’en pouvait plus de l’éreinter de ses capacités à créer, projeter et inventer. En roue libre, littéralement sans frein d’ailleurs, elle avait opéré les réparations les plus urgentes pour échouer face à un autre archétype. Le Mat, en pleine nuit, n’avait pas joué son rôle. Ou plutôt : si, justement, et se fiant à son intuition elle n’avait rien attendu de lui. Parce qu’il en était ainsi, qu’elle s’assumait et se riait des chemins trop balisés. Bien lui en prit : il s’était éteint avec les dernières lueurs du jour…

Nichée au creux des montagnes, regardant un petit Univers s’éveiller, elle fut notifiée clairement des règles établies. Les neurones pas encore vraiment branchés, elle accepta avec reconnaissance cette rude entrée en matière, pleine de franchise. Sans faux-semblants, sans attentes : un simple constat, factuel au possible. Merci.

Entre véritable vagabonderie, accueil inconditionnel d’animaux heureux des soins reçus et quelques dessins, les échanges se multiplièrent. Mais que dire à Celui-qui-me-connait-déjà ? Quel besoin de paroles quand les évidences s’enchaînent, que les vies se ressemblent, que la maturité est présente ? Trouver les pépites, écouter les richesses glissées avec délicatesse dans les détails. Remercier. Se laisser surprendre encore, apprécier et goûter. Effleurer encore la Sororité, reconnaître sa présence et échanger secrets et regards. S’enlacer, par seul plaisir de ces instants où il n’y a ni rivalité, ni envie, ni besoin. Juste être.

Se poser, croiser les yeux du Bouddha et suivre son regard, de l’autre côté. Se laisser transpercer, poser un dernier point et repartir, descendre à la rencontre du héron. Écouter le clapotis du lac, sourire en voyant les enfants s’amuser et rire. S’enivrer de leur spontanéité, de leur tendresse et s’émouvoir de la rudesse qu’ils rencontrent en d’autres lieux. S’ouvrir encore, profiter du bain de Nature, de ses rythmes merveilleux et apaisants. Faire la paix, lâcher encore et encore… Laisser venir à soi tout ce qui est à nettoyer, à purifier et déposer. Sentir un morceau d’âme s’accrocher aux branches, se baigner dans la boue rouge d’argile, ressortir joyeux pour aller se poser à côté d’un drapeau haut perché et observer les âmes des lieux. Savoir qu’on y laisse quelque chose, une graine peut-être, des graines sûrement. Se demander si l’une ou des autres croîtront et ne pas s’en faire : il en est ainsi de la Vie, elle aime nous surprendre. Ce n’est qu’un des Possibles.

Remercier encore, pour ce moment « hors du temps », cette parenthèse pendant laquelle elle s’est sentie moins freak qu’à l’ordinaire, moins déplacée, moins étrangère… Alors qu’elle était à la croisée des mondes, entre 5 nationalités et plus de langues encore. Où cette tribu chatoyante échangeait avec simplicité et bienveillance, amusant les plus jeunes quand d’une barrière de la langue on se moque comme d’une guigne pour en faire un jeu. Voir en action comment la communication est d’une folle richesse. Écouter le témoignage de celui qui a retrouvé la Confiance après avoir vécu la trahison, entendre les dix années résonner et sonder son cœur pour vérifier qu’il est intact. Couturé, suturé et pourtant palpitant d’une telle sérénité, prêt à donner encore et encore.

Se laisser questionner. Répondre sans filtre et revoir encore son vis-à-vis apprécier à leur juste valeur les paroles échangées. Se sentir acceptée. Réjouissance et départ, savoir qu’une Famille aux mille couleurs est présente. Discrète, bien souvent en marge de tout mais là. Rentrer apaisée, reprendre le cours de sa vie actuelle et se rappeler qu’il y a un « après ». Mais que pour y parvenir, tout se joue dans le Présent.

Laisser filer les heures, reprendre le rythme, ouvrir ses pores pour mieux sentir l’humidité douce de l’automne s’installer. Apprécier la fraîcheur des matinées, flairer les notes et contourner encore la forêt. Entendre l’Appel résonner jusque dans ses tripes. Oui, encore. Parce qu’il est temps, que les visiteurs inconscients sont partis. Se moquer des chasseurs et aller s’ébrouer dans les feuillages, fouler les terres souples et caresser du bout des doigts les branches alanguies. Sentir la sève ralentir et écouter le petit peuple faire provision pour l’hiver. Voir à la lisière de son âme, ne pas chercher des yeux : tout se dévoile à qui sait faire preuve de patience. L’Appel donc, qui ne manque aucun moyen de se signaler.

Être surprise. Alors que la Nouvelle Lune clôt bien des chapitres, qu’un relâchement bienvenu enfin s’installe, avoir un signe. Le sentir si fort, si intensément. S’étonner. Ne percevoir qu’un doux amusement en écho. Et se retrouver dans la persistance… Encore lui, évidemment, lui. Le Mat lui avait fait écho de ses conseils, l’invitant à venir vivre une superbe expérience, déjà suggérée par l’Alchimiste. Sourire de ce que le Masculin Sacré est capable de déployer pour se faire entendre. Dans la répétition, lui aussi dessine des motifs et sait poser les points d’ancrages. Accepter la résonnance. Se retrouver bien enquiquinée quand même… Choisir d’en rire et de ne rien prendre trop au sérieux. Il y a d’autres choses à vivre auparavant, continuer de chérir sa quiétude et sa solitude (choisie et assumée) pour continuer de se rebâtir. Se retourner pour s’apercevoir du chemin parcouru, constater que les larmes sont désormais ponctuelles, que les éléments sont stables et que c’est avec naturel que reviennent les ami.e.s en quête de soutien, de conseils et d’écoute.

Retrouver sa place, se recentrer et se dire qu’à nouveau, il pourra être possible de rayonner. Pour soi, juste pour soi… Rebâtir son monde. Son immédiateté, pour cohabiter avec soi-même. S’avouer que c’est déjà quelque chose, vraiment !

Panser ses plaies (parce qu’il en reste) et reprendre ses aiguilles. Il est désormais temps d’avancer, point par point.