Le pouvoir des mots

Quels mots choisissons-nous pour nous décrire ?

Quels mots reviennent si souvent dans notre bouche au point qu’ils sont nos compagnons du quotidien ?

Combien de fois nous rendons-nous compte que nous adoptons certaines expressions à peine les avons-nous entendues ?

Pourquoi des chansons nous font-elles pleurer d’émotion, qu’on les écoute pour la première fois ou la centième ?

Les mots ont une signification. Leur sens, leur force, leur vibration, la façon dont nous les prononçons, dont nous les employons résonne. Il y a ceux qui nous donnent le sourire dans presque toutes les circonstances, ceux qui nous trahissent et ceux que l’on redoute d’entendre. Ceux que l’on ne pensait jamais s’appliquer à nous et ceux après lesquels on court. Il y a encore ceux prononcés avec tant de force qu’on espère qu’ils façonnent la réalité en accord avec nos espoirs.

Ces termes parfois très courants ou au contraire précieux, croisés au gré d’une lecture, lors du visionnage d’un film ou à l’écoute d’une radio quelconque. Tous portent en eux des rêves, des miroirs, des facettes que l’on prend trop peu souvent le temps d’explorer. Il y a ces faux amis, ceux qui dans la bouche d’autrui peuvent tour à tour guérir, amuser ou blesser.

Les mots sont portés par le souffle, expirés, scandés, récités. Parfois, lors d’une découverte, on se surprend à lire leur définition, les prononcer plusieurs fois pour mieux les goûter, on peut buter sur leurs syllabes comme apprécier leur fluidité.

Les mots sont les pièces polies par le temps et l’usure, patinés par les calculs, gonflés de souvenirs… Les mots précèdent d’une intention, qui se révèle et anime nos sens. Les mots nous font réfléchir, nous passent au-dessus, nous câlinent ou nous choquent.

Il y a ces mantras quotidiens. Mais si, vous le savez, ces petites phrases que l’on s’adresse à soi-même selon les situations.

Les paroles s’envolent dit-on. Elles restent aussi en suspend, nous interpellent, nous font avancer. Elles nous retrouvent aussi dans nos rêves, nous accompagnent, nous rassurent ou nous déstabilisent.

Chacun d’entre eux a un pouvoir. D’ailleurs, ils sont si forts que mis bout à bout ils peuvent devenir un contrat, une prière, une sentence.

Nous les assemblons, nous les façonnons, nous les recevons. Ils dévoilent une pensée, des schémas, une logique, une vision du monde. Les négations, les double négations qui peuvent être si tortueuses comme les couperets saillants affirmatifs et nets, tous recèlent une part de vérité, une acceptation, un choix.

Parce que oui, nous choisissons nos mots. Ils sont l’expression – très révélatrice pour qui sait entendre et écouter – de notre personnalité, de nos aspirations.

Pensez à ces fois où une action à venir vous semblait si sûre que vous en parliez au présent – et peut-être même au passé pour les plus optimistes.

Les mots marquent. Quatre mots peuvent être si lourds que leur simple mention éveille tout un pan de notre imaginaire personnel et collectif.

I have a dream.

 

Et vous, quels rêves allez-vous retenir ? Quels désirs allez-vous matérialiser ? Quels mots seront vos compagnons au coucher ? Quels seront ceux qui vous accompagnerons demain à votre réveil ? Et quels sont ceux que vous laisserez mûrir quelque part, en attendant de les reprendre – parfois bien plus tard – couchés sur un cahier ?

Prêtons l’oreille ce soir ceux empruntés à autrui et qui pourtant tintent si justement. L’universalité des sentiments, résumée en 4 minutes et 25 secondes de pur bonheur. Bonne écoute.

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