Se recentrer pour mieux se transformer

Prélude :

ce billet n’est encore une fois pas objectif et ne s’appuie sur aucune source « scientifique ». Pourquoi ? Lire le Parti pris.

 

Avez-vous remarqué ?

Avez-vous observé les femmes autour de vous ? Avez-vous noté comme celles qui commencent par faire leurs propres cosmétiques ou produits d’entretien (quelques soient leurs motivations initiales) ne s’arrêtent pas là ?

Comme si…

Comme si le fait de réinvestir ce que l’on s’applique (à soi et à son cadre de vie immédiat) induisait plus vastement un changement. Si pour certaines c’est juste un plaisir et s’en tiennent là, d’autres mûrissent petit à petit et commencent à s’interroger. Sur leurs vêtements, leurs habitudes de consommation, ce qu’elles ingèrent et font ingérer à leurs proches (sphère intime) puis elles s’ouvrent à des questions plus larges (sphère sociétale). Avec des questions qui sont évidemment transversales. Ainsi, ne plus porter de sous-vêtements est à la fois un choix intime mais impossible de nier qu’il a un impact dans le cadre plus large de la vie en société. S’engager pour le revenu inconditionnel de base relève d’une opinion personnelle mais a des résonances plus vastes (à commencer par le fait de diffuser, discuter voire essayer de convaincre). Alerter, relayer, tenter de conserver nos droits d’expression, d’information et de libre pensée en est un autre. Et les exemples sont encore nombreux. Mais revenons à l’initiale.<!–more–>

Le point de départ.

C’est ce qui m’intrigue : d’où part-on ? Les femmes, car il est question d’elles dans cet article, se découvrent des ailes. Mais avant que la chrysalide ne se déchire, il y a ce long moment de maturation qui passe par des étapes de réappropriation de leurs corps. De ce « elle », prélude à la poussée des ailes, dans le cocon du soi (qui peut même être fait de soie…). De refus ou de prise de distance avec les normes. De questionnements, vécus en solo ou en groupe lors de temps particuliers (tentes rouges, cercles de femmes, festivals et discussions entre amies aussi…). De lectures, de rituels réinvestis. De moments autres que ceux passés devant la télé, avec cette immense satisfaction d’avancer. Pour soi (fondamental). Pour les autres (celles que l’on croise en chemin, qui doutent, nous font avancer, deviennent compagnes sur les sentiers de la féminité). De la confiance accordée par les hommes qui croient en nous, si indispensable et rassurante.

Dans mon parcours, je n’ai pas croisé de femme ayant modifié son point de vue et ses habitudes (et convictions) qui ne soit au départ partie d’elle-même. Ce point focal, si bancal parfois, semble pourtant être le noyau, la base strictement nécessaire pour ensuite pouvoir s’élancer.

C’est le point initial. Celui à modeler, à réinvestir, à travailler. Pour se recentrer. Alors non, je ne suis / elle n’est / elles ne sont pas le centre du monde. Mais je suis le centre de mon monde. Je suis la seule à voir avec mes yeux, mon vécu. Elle est le centre de son monde. Elle est la seule à voir avec ses yeux, son vécu. Elles… Nous. Nous partageons, nous prenons le temps indispensable de retisser les liens de la sororité, d’évacuer jugements et idées préconçues, de trier les graines fertiles qui nous ont été confiées de celles qui ne montent pas car stériles. Et dont nous pouvons alors nous alléger, pour avancer sans fardeau inutile. Nous échangeons, car de ces paroles naissent la complicité, le respect et elles nous font grandir. Ensemble. Pour mieux pouvoir aller de par le monde (oh, parfois c’est juste à côté, dans le quartier, le village… Et quelques fois c’est vraiment au bout du monde !) pour ensemencer. Puis nous nous retrouvons pour mieux nous recharger et repartir encore, du bon pied. Pour que les femmes – si lunaires – rayonnent de douceur et transforment ce monde en profondeur. Heureuse transition !

Je lance un magnifique sourire à ces battantes qui s’engagent dans la sauvegarde du droit à accoucher librement à domicile, qui portent littéralement des projets humains, humanitaires, sensibles. A celles qui sont les piliers de familles, groupes, associations. A toutes celles et ceux que je croise et avec lesquels s’échangent ces regards. Profonds, directs, nus. Car ils et elles s’aiment. S’assument. Et aiment les autres en retour avec une force tranquille (pardon, la référence était facile) qui les portent. Parfois jusqu’au bout du monde, bien souvent jusqu’au bout d’eux-mêmes. Pour ensuite mieux porter, accompagner et encourager la transmutation de ces autres, avec respect et humanité.

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