Dialogue tripartite

Le corps est fantastique. Il retranscrit bien des choses…

En ce moment mon cœur et mon âme sont en opposition avec ma tête. Mon corps arbitre et raconte à sa manière ce combat inégal. Les ajustements ont lieu dans la douleur.

Tout grince, j’ai une inflammation généralisée des articulations, une lombalgie qui s’est transformée en lombo-sciatique et je suis globalement épuisée.
Les médicaments de synthèse permettent d’atténuer tout ça mais les endorphines sont sollicitées pour répondre au stress et du coup j’ai mal partout (là où d’habitude elles agissent sur le physique elles sont absentes, d’où une sorte de paralysie légère mais bien handicapante).

Je flotte. De temps en temps mon estomac me rappelle qu’il n’est pas mal placé pour somatiser non plus.
Mes lunes ont été les plus courtes et les moins abondantes depuis… Deux décennies !

Et la plus belle de toutes les illustrations : une magnifique poussée d’acné sur la gorge (i.e. : terme archaïque désignant le décolleté). Flopée de boutons rouges et durs, pas sexy pour deux sous.

Mon corps me parle. Mais qui traduit ?

*

L’esprit.

Têtu, infatigable, il veut aller plus loin. Dissipé, coupé du reste, pour lui tant qu’il est en éveil (et la nuit aussi, merci les rêves d’avertissements !) le corps doit suivre. Après tout, tant qu’il est nourri et lavé, il avance, ce n’est que de la mécanique !

L’esprit refuse de voir l’évidence. L’esprit veut avoir un coup d’avance. L’esprit, parfois, vogue vraiment trop loin.

*

L’âme.

L’âme déplore et l’âme console.
L’âme est triste de savoir qu’elle ne peut tenir les promesses de l’esprit. Le dédit est là, matérialisé par le corps qui refuse de suivre l’esprit. L’âme ne sait comment se faire pardonner. La franchise n’amène qu’à la douleur, qu’au dépit et aux regrets. L’esprit joue de cynisme, le corps prend les coups (au sens propre comme au figuré).

L’âme s’étiole. L’âme se sent à l’étroit et délaissée. Quid de sa nourriture à elle ? Le corps ingurgite pour tenir le choc, l’esprit absorbe tout comme une éponge et s’en sert comme matériau… Et en demande encore et encore.
L’âme attend. L’âme s’égare parfois dans un grand silence qui ne lui rend pas service. L’âme se connecte au corps et se heurte à l’esprit rationnel qui dit « avancez ! » et s’en tient à cette assertion.

*

Dialogue de sourds, crise.
A l’unanimité nous déclarons que nous ne pouvons pas continuer comme ça.

Mais où se trouve donc le fameux point d’équilibre ?

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