Poste restante

Un certain regard sur le monde... Ce lieu est un petit bout de web sans prétention, qui réunit quelques informations au fil de mes recherches, mes envies et surtout de ma disponibilité ! Certains articles sont régulièrement mis à jour, n'hésitez pas à farfouiller ou à suivre la page Facebook qui les indique.

Sans compromis

Ahhh l’icône du Masculin Sacré
Cet homme soit-disant éveillé
Comme je t’ai souvent croisé
Dans les textes, sur les photos
D’un gigantesque réseau
Aux algorithmes si bien conçus
Alors je t’ai appelé
De toute mon âme
J’ai cru t’avoir rencontré
Tu m’as si doucement parlé
Séduite, charmée, enchantée
De promesses de Tantra
En wishlist cocrée
Et je me suis ouverte
Je t’ai montré mes blessures, mes failles
J’ai accepté encore
D’outrepasser mes ressentis
Je suis entrée dans la danse
Des renoncements
Des compromis
Bien sûr
Tu es parti
Toi celui sur qui
Mes projections se sont échouées

Retour au Silence
Mais même le plus Noble
N’a pu nous réconcilier
Dans ta Voie, sur le Chemin Blanc
Tu poursuis ta quête
Et bien que si Singulière
J’en suis sortie
De larmes en regrets amers
Il ne me restait plus
Qu’à suivre ton dernier conseil
« Trouve celui qui saura t’aider »
Quelle drôle d’injonction vraiment !
Comme s’il allait tomber du ciel…
C’était sans se rappeler
Que oui, demander je sais faire

Alors quand il s’est présenté
Cet Homme de toutes les femmes
Celui qui n’appartient à aucune
Et refuse les pronoms possessifs
J’ai été troublée
Car oui, il m’a accueillie
Comme toutes mes autres sœurs
D’égale à égal
Avec mes traumas
Mes idées préconçues
Mes formatages
Et toutes mes ombres
Quelle délivrance !
Et que de résistances
Il m’a fallu lâcher
Encore et encore
Savoir accepter
Entendre et accueillir
Et dans mes blessures
Aller explorer pour mieux les transmuter
Apprendre à m’ouvrir
Pour de bon
A me respecter
Entièrement
A me fier à mes ressentis pleinement
Et m’ouvrir à lui, dans tout ce qu’il est
Sans rien vouloir toucher ni modifier
Le prendre dans son tout
Voir sa beauté
En caresser les contours
En dessiner les courbes
Et l’accueillir pleinement
Pour que la magie opère à deux
Que règne l’équilibre
Où chacun puisse s’épanouir
Et que soit préservée
La liberté de chacun
Apprendre de ses reculs
Toucher ses limites
En dessiner ses frontières
Respecter ses besoins
Accorder nos rythmes
S’émerveiller de leurs synchronicité
Et de savoir partir
Se quitter sans se dire adieu
Mais bien sûr se retrouver
Plus tard, sans obligation
Par pur plaisir et Joie des retrouvailles
Grandis de nos expériences
Dont toutes et tous bénéficient
Grâce aux partages
Ceux qui ne limitent pas
Ceux qui n’appartiennent à personne
Que l’on diffuse
Chacun
Car c’est ainsi que l’amour circule
Cet Amour Noble
Celui dont les vibrations s’amplifient
Avec sa diffusion désintéressée
Dans toute la liberté
Il rayonne et touche
Le Vivant
Les cœurs prêts à recevoir
Nourri
Guéri
Et pour les âmes
Ouvre à d’autres dimensions

A toi l’homme qui s’appartient
Farouche défendeur de ton espace sacré
Gratitude pour tes enseignements
A toi, dont l’Orenda m’est pour le moment fermé
Mais avec qui le lien persiste
Parce que nous savons…
Gratitude d’avoir su fermer
Et d’avoir eu l’humilité
De reconnaître
L’impossibilité que tu avais
Pour me guider
Gratitude pour ta confiance en la Fraternité

A vous autres
Que je croise
Sans attachement
Partenaires détaché.e.s
Aimé.e.s de tant de manières
Qui m’apportez tant
Chacun.e à votre façon
Qui me permettez d’enrichir
Mon cheminement
En nourrissant mes interrogations
Gratitude pour vos éclairages et tout ces magnifiques partages

{Improbables matrices, une histoire de Soi, une histoire de Foi. Une histoire de Toi ?}

Ter0 a l’infini plaisir d’accueillir un texte écrit par Vincent. Ami, frère, éveillé… Il est de ces hommes qui me font la Joie de leurs partages. Je me sens honorée qu’il m’ait confié ses mots et l’autorisation de les partager.

🙏🏼 Gratitude 🙏🏼


Tiens, je te partage un texte que je viens d’écrire. Ça raconte une partie de mon histoire, telle que je la vois aujourd’hui.

C’est l’histoire où je raconte que nous sommes les créateurs spectateurs de nos pensées que nous prenons pour des réalités, et se faisant, l’univers nous permet de vivre cette version intérieure à l’extérieur. Nous avons les clefs de ce royaume intérieur, à la fois humble serviteur, parfois esclave et aussi le maître. Si peu de gens en prennent conscience.

Cette nuit, je me suis rappelé un exercice de pensée que j’aimais faire enfant. J’étais dans mon lit et je partais en voyage dans cet immense univers. Je voyais mon lit, ma maison, mon village, la terre et ça, jusqu’au bout de l’univers qui semblait être le bout de l’infini. Alors, je partais plus loin, si loin que cet univers finissait par être une tête d’épingle et pour finalement disparaître. L’infiniment grand devenait infiniment petit.

Je te raconte ça, car aujourd’hui, ça ressemble beaucoup à ma conscience, un espace infini de rien où je regarde passer mes pensées qui émergent et disparaissent, en spectateur. Je peux aussi remplir cet espace d’amour, de lumière ou d’un canard en plastique qui fait des Prouts avec des bulles arc en ciel, je peux y mettre un divin. Et je vis cela comme une réalité, je peux sentir le goût de Fraise, je peux être ce canard en plastique. Je vis cela comme une réalité. Mais je sais que je ne suis pas mes pensées, je suis l’espace vide où tout est un et pourtant l’infini arrive à s’y glisser. Ces pensées, ne font que passer.

Alors, oui, les sens tout ouverts, quelle gratitude de voir cette vie si belle, tellement improbable que de moi même, je n’y aurai jamais pensé, il en va de même des rencontres, des partages. La vie est belle. Il n’y a rien à demander.

Et sur le chemin de la conscience, ton moindre bout d’ego se battra pour que tu t’accroches à une pensée, à une réalité. Que ce soit ton job, ta relation amoureuse, le canard en plastique ou le divin. Quand tu vas dans cet espace en sauvage, sans rien demander, juste tu vis ce truc fantasmagorique. Oui tu peux rester scotché dans n’importe quoi, de la paranoïa absolue au pur divin. Ce qu’on appelle éveil spontané on t’a donné les clefs du château de ta conscience en maître absolu, mais tu ne sais pas à ce moment que c’est le château de tes pensées.

Alors, oui. Tu vas être dans la béatitude, le Nirvana, le un, mais aussi souffrance. Tu vas te voir fou. Tu vas te rendre compte que tu peux sortir de cet état comme d’une transe, indemne. Tu es déjà un peu plus maître, mais tu ne sais toujours pas que c’est ta conscience que t’explores. Dans une des versions de ce qu’elle est. Tu vas te créer un lieu où te reposer. Tu verras à la fin, c’est le même que celui où rien ne bouge, infini.
Tu vas avoir un peu peur d’y retourner, mais ça t’appelle. Y aller à tâtons, expérimenter mille trucs, guérir tes blessures. Lire, vouloir s’en sortir à tout prix. T’as rien demandé, merde !
Et puis voila, un jour tu te rends compte que tu es cela, cet espace vide où tout émerge et ce qui émerge c’est ta réalité. Tu en es le maître, le plus humble serviteur et parfois l’esclave. Maintenant il n’y a plus rien à faire, surtout ne rien faire. Ouvrir les yeux et voir que la vie est belle. Que seul l’amour, la compassion, la bienveillance donnent du sens à cela. Ce bien-être infini où t’aimerais que chaque être qui souffre puisse simplement ne rien faire, juste qu’ils prennent eux-même la clé de leur conscience. C’est si facile, il n’y a rien à faire, rien à être. Mais c’est si compliqué, on croit que nous sommes nos pensées.

❤️

En vrai, ça c’est l’espace le plus simple, les plus complexes contiennent le divin représenté comme des sortes d’infinis de matrices de dimensions se déployant les uns des autres. Et ce premier univers infiniment grand, redevient infiniment petit. ^^ Ce divin est inaccessible avec la pensée, mais avec l’amour, bizarrement, je le rejoins.

😘

Le cœur colle, c’est sa nature. Le mental sépare, c’est sa nature. Tout est question de foi. Tout est question de Soi. Tout est question de Toi ?

Méditations & transmutation (Vipassana)

Des méditations, j’en connais quelques unes. Qu’elles soient consciences, guidées, actives, au son d’un instrument ou dans le silence, ritualisées ou non, courtes (quelques respirations) comme plus longues (jusqu’à quelques heures), seule ou en channeling… A l’ère d’Internet, il est facile d’en découvrir de toutes sortes et elles ont chacune leurs charmes et leur pertinence. Mais la dernière que j’ai rencontrée a dépassé toutes mes espérances.

J’ai commencé à méditer alors que je n’étais pas encore majeure, puis la pratique n’étant pas ancrée ni cadrée, elle s’est perdue dans le quotidien de la vie étudiante.

J’ai retrouvé cette amie sous d’autres formes – toujours solitaire – il y a quelques années en arrière. Au rythme des lunaisons, j’ai remis en place ces quelques moments littéralement volés à mes obligations, tant professionnelles que familiales. Au début avec une pointe de culpabilité, puis très vite, au regard des bienfaits apportés (et constatés de façon quasi immédiate par mon entourage) j’ai persévéré. Les mois ont passés, les transformations ont pris forme dans la matière. Les décisions ont suivi. Pour le meilleur.

Vipassana aurait pu être une technique de plus, croisée lors d’une séance d’essai… Sauf que. Sauf qu’un de mes clients possède un Domaine viticole et des gîtes où il a accueilli une retraite de 9 jours. Et j’ai pu observer brièvement les transformations des participantes. C’était tellement évident, si beau que j’ai eu l’envie viscérale d’essayer aussi. L’enseignant m’a donné quelques indications (Laurent : je t’ai déjà remercié mais je recommence : quel cadeau !). J’ai à peine parcouru le site et la présentation, accepté le Code de Discipline et noté les dates d’inscription. J’ai remercié de tout mon cœur pour les modalités pratiques qui me rendaient le stage possible.

La technique de méditation Vipassana est enseignée lors de cours résidentiels de dix jours pendant lesquels les participants apprennent les bases de la méthode, et pratiquent suffisamment pour obtenir des résultats bénéfiques. Il n’y a pas de frais d’inscription pour les cours, pas même pour couvrir les coûts de nourriture et d’hébergement. Toutes les dépenses sont couvertes par les dons de personnes qui, ayant suivi un cours complet et fait l’expérience des bienfaits de Vipassana, souhaitent offrir à d’autres la possibilité d’en bénéficier également.

Source : Dhamma.org

L’intention ferme de vivre cette expérience a été entendue et tout s’est mis en place pour que l’indépendante que je suis, alors même qu’elle était à son compte depuis moins de deux ans, puisse s’y rendre sans se soucier d’aucune contingence matérielle. Quand l’Univers dit oui, il dit oui. Confiance totale donc.

Une fois la confirmation de ma participation reçue j’ai été sur un petit nuage : heureuse de pouvoir apprendre et expérimenter, anticipant et lâchant tout à la fois… Le covoiturage s’est mis en place spontanément, tout a été particulièrement fluide, jusqu’à l’arrivée sur le lieu du stage. A peine les portes franchies, je n’avais déjà plus envie de contact et le premier repas m’a même paru assez bruyant.

Soulagement donc, une fois l’entrée dans le Noble Silence réalisée. Puis l’enseignement a démarré et ce furent 10 jours absolument incroyables. Très durs sur certains aspects, notamment physiques (11 heures de méditation assise par jour finissent assez rapidement par nous rappeler quelques réalités – d’autant que je ne pratique pas le yoga) mais surtout dans la plongée que l’on fait en soi-même. Chacun y allant pour des raisons qui lui sont propres je n’en dirai pas plus : les miennes m’appartiennent. La bienveillance et la positivité sont des fils conducteurs qui permettent d’aller jusqu’au bout. Voir les méditants engagés dans le Service travailler entre les cours a été une formidable leçon d’humilité : entre deux sessions de méditation j’allais rejoindre mon lit comme je le pouvais et dormir autant que possible ! Autant dire que j’ai perdu le fil du temps très vite, enchaînant les rythmes méditation – collation – sommeil plusieurs fois par jour… Et même avec cela en soutien, j’ai été très éprouvée physiquement (si si !). Alors à celles et ceux qui assurent le quotidien : respect total.

J’ai été brassée. Le Noble Silence, ce n’est pas rien. Dans cet espace intime que l’on découvre parfois pour la première fois, il y a nous-même. Et se rencontrer est une expérience bouleversante, à tous points de vue. Des témoignages recueillis auprès des autres méditants venant pour leur 2e stage ou plus (une en était à son 10e), tous relatent des vécus totalement différents. Comme autant d’invitations à revenir…

J’ai savouré les repas simples, le jeûne intermittent (si si, c’en est un même s’il ne dit pas son nom) et le cadre : ces éléments ont été d’excellentes bases pour s’immerger complètement et pouvoir se créer sa « bulle », cet espace nécessaire à la mise en pratique.

Au terme du stage, la sortie du Noble Silence a été très particulière. Heureusement qu’il y avait une journée « tampon », elle m’a paru salutaire. J’ai eu du mal à retrouver mes marques, entendre ma propre voix m’a presque faite sursauter. Puis les habitudes sont revenues au grand galop et le retour au monde a pu se vivre sans trop de brutalité.

De ces magnifiques journées de travail intense, je suis sortie réconciliée avec mes semblables. D’abord parce que les règles ont été respectées et que le Noble Silence a été constant. Au terme du 3e jour sa qualité était particulièrement élevée : merci aux 120 participants et à toute l’équipe. Ce furent des moments très forts pour moi que de manger dans un réfectoire avec autant de monde… Dans le Silence. De croiser les unes et les autres sans avoir l’obligation ni le besoin de communiquer, tout en étant en présence. D’être soi, juste soi, avec soi. Et d’aller et venir sans jugement ni être jugée. Cela aussi, c’est une partie de l’expérience tout à fait tangible et merveilleuse. La sécurité du cadre le permet, la qualité des personnes venues partager l’apprentissage aussi (que de belles rencontres !). Et de repartir nourrie des intentions, de vérifier qu’à travers le monde il y a quantité de méditants, autant moines et nonnes que profanes, qui prient tous les jours pour la Paix et l’Amour en toute conscience. Hors contexte religieux, hors rituels répétés mécaniquement mais le cœur ouvert et en pleine intention de devenir à chaque instant le meilleur de soi-même, tout simplement.

J’ai souhaité laisser passer quelques semaines avant de relater mon expérience. Ceci pour pouvoir sortir de l’enthousiasme qui irradiait de moi d’avoir rencontré cette fantastique méthode. Et pour la mettre à l’épreuve du quotidien.

Ah oui, parce que je n’avais pas lu tout le site en détail, aussi j’ai été assez surprise quand au dernier cours il nous a été proposé de poursuivre la pratique au doux rythme de… 2 heures par jour, tous les jours de l’année ! Et heureusement que je n’avais pas eu connaissance de cette information avant, car sinon je n’y serai pas allée. Cela fait presque 2 mois que le stage a pris fin, et je poursuis avec autant d’assiduité que possible. Les bénéfices de la pratique – quand j’arrive à travailler selon ce qu’elle demande – sont immédiats. C’est la promesse de départ et j’ai pu vérifier sa véracité. Ma seule entorse est de sauter une heure un soir par semaine, ceci pour continuer d’avoir une vie sociale.

Je peux témoigner d’une qualité de sommeil que je n’avais jamais connue jusque là. De quantité de petites choses que je vis tout à fait différemment et qui sont la traduction directe de ces 3 méthodes de méditation qui m’ont été enseignées. Je remercie et j’éprouve une gratitude sans borne pour la transmission que j’ai reçue.

A celles et ceux qui entendraient l’appel : allez-y. Laissez le mental dire ce qu’il veut et offrez-vous ces 10 jours. Ils peuvent changer votre vie radicalement. C’est à ce jour, avec la Communication Bienveillante, les outils de transformation personnelle autonome que j’ai trouvé les plus efficaces et je vous souhaite qu’il en soit de même.

Rendez-vous sur le site de Dhamma.org

Je signale également qu’il existe une application (voir au bas des pages du site). C’est une formidable ressource, notamment pour les anciens étudiants.

A celles et ceux qui sentent bien que le cadre proposé, le type d’enseignement n’est pas fait pour eux, ne leur conviendraient pas : aucun souci. J’ai croisé plusieurs personnes depuis cet été m’ayant écoutée, puis relaté qu’elles avaient croisé d’autres anciens stagiaires qui poursuivaient la pratique au quotidien et appréciaient leur contact, sans pour autant se sentir appelé ou à l’aise avec le type de transmission proposé. Le cadre et les modalités peuvent ne pas convenir : chacun sa Voie.

Je termine en remerciant Marie-Paul Jean pour sa guidance. Les servants et servantes, l’association et tous ceux et toutes celles qui œuvrent au quotidien pour faire connaître ces techniques. Tous ceux qui ont maintenu la pratique jusqu’à nous. Et Goenkaji. Évidemment.

Puissent tous les êtres être heureux.

Satya Narayan Goenka

[32 : Dans le chœur des femmes]

C’est à un homme qu’elle devait d’avoir posé la bonne question… Évidemment.

Au terme d’échanges improbables, elle avait encore parcouru la spirale. Nulle anormalité, une simple remise à jour. Contrôles, procédure aux points complexes, validations. Bilan ? Que de chemin restait-il à parcourir !

Elle apprenait à écouter. Non pas à tendre l’oreille pour mieux répondre mais à entendre et juste être présente. Offrir à l’autre l’espace de se déposer. De se raconter. De mettre ce dont il ou elle avait besoin entre nous et de l’y laisser. Elle s’étonnait de voir ô combien cela semblait manquer à ses contemporains. Ceux-là pouvaient parfois avoir le béguin juste parce qu’elle avait su se taire et être en présence quelques minutes parfois. Quels manques ! Quelle tristesse aussi… Qu’elle n’aimait pas cette réalité. Que la Famille lui manquait… Patience.

Dans les répétitions et les bégaiements de sa petite vie il y avait ces rappels. Ce trois fois par trois sources dans trois formulations (un vibrant merci mes sœurs : je vous aime). De vivre pour soi. De continuer aussi, car elle était aimée, et pas juste pour ses responsabilités (quand bien même celles-ci étaient minimes, entendons-nous bien). Il y avait cette bienveillance sororale, cet enveloppement de femmes droites et vraies qui savaient parler juste, tout en étant économes de mots. Qui étaient attentives et capables de la tancer quand elle s’égarait. Qui la ramenaient dans le chemin pour qu’elle s’occupe de ses dossiers urgents. Rappel des priorités. Rappel des évidences aussi… Et pleurs, parce qu’elle semblait ne plus savoir faire que cela depuis un an et demi. Elle qui avait tant réprimé ses larmes se liquéfiait littéralement. Elle continuait, parcourait ses enfers personnels pieds nus, sur des charbons ardents (histoire de bien renforcer la corne de ses pieds). Elle persistait, sans trop savoir où cela la mènerait bien, mais qu’importait-il après tout ?

Elle avait fait pénitence aussi. Certaines vérités bibliques avaient parfois un sens et elle l’apprenait à ses dépends. Elle pouvait créer ses propres rites, en appeler à toutes les déités du panthéon de Dame Nature, elle n’échappait pas à quelques réalités millénaires. Être une sorte d’exception étrange parachutée ici-bas ne faisait pas d’elle une personne exceptionnelle, de ça aussi elle en avait drôlement conscience.

C’était le prix de la sororité vécue en conscience. Celle qui sait refuser, celle qui n’hésite pas à se couper de ce qui blesse ou pourrait blesser autrui. Celle qui accepte de renoncer, aussi douloureux que cette décision puisse être. Celle qui renvoie à ses failles et crayons, rappelant que pour être tout juste bonne il faut de l’ouvrage. Et que le travail ne s’arrête jamais, qu’une vraie dose d’exigence n’est encore que le seul préalable avant de pouvoir réellement prétendre à être… Artiste, rédactrice, magicienne des réseaux ou simple maman. Chaque facette réclamait une implication totale. Alors elle prenait du recul. Élaguait son emploi du temps, revoyait ses priorités. Et enfin s’octroyait du temps. Un temps pour elle vraiment, une plongée dans le Noble Silence. Tout juste posée sur le seuil, elle l’avait préparé, accueilli et déjà elle en sentait les prémices. Doux moment de plongée radicale en soi. Sans faux-semblant, sans atermoiement, sans possibilité de fuite. Seule. Avec elle-même. Elle savourait d’avance cette expérience tout en sachant pertinemment qu’elle allait se bousculer, sentir son pouls battre encore et que pour apaiser ses tensions il lui faudrait d’abord y faire face et les traverser pour pouvoir les apurer.

Mais pour qui danse avec les dragons, quelle voie plus juste que celle du souffle ?

A eux enfin, remerciements pour leur guidance – et de l’avoir ramenée (même si la colère et l’incompréhension persistaient, un éclairage viendrait peut-être en son temps…). Elle ne pouvait retranscrire tout ce qui lui était confié – certains sceaux sont inviolables – mais à tout le moins certains mots pouvaient être partagés pour laisser entrevoir leur vol. D’autres sauraient emprunter ces pistes invisibles tant elles leurs sembleront évidentes. Il n’est parfois besoin que d’un caillou (en forme de cœur) pour indiquer le chemin à qui sait se fier à ses ressentis.

Cela aussi, elle l’apprenait… Il était temps !

Même si le temps, pour elle, restait toujours aussi relatif.