Rondeurs et temporalités

La circularité du temps m’étonnera toujours… Selon certaines philosophies africaines, le temps serait comme une spirale : on part d’un point, on avance un peu, on repasse dans le même rayon et il se représente à nous comme une nouvelle chance de franchir un palier, en ayant à chaque fois un peu plus de recul et d’expérience. On le voit parfois, parfois pas, cela dépend de notre degré d’ouverture à ce moment-là.
C’est drôle car en disant cela j’ai l’impression d’être « vieille », au sens d’avoir éprouvé ce constat en vivant plusieurs fois l’expérience, mais j’entends aussi le terme comme « âgée » (certains penseront « ça y est, elle radote comme une vieille ! » et il y a également du vrai dans cette assertion) alors que j’appartiens encore à la catégorie sociale des « jeunes femmes ».

Je remarque dans un second temps (qui est intrinsèquement lié au premier, évidemment) que certaines choses doivent advenir, quand bien même on a eu le sentiment de « passer à côté ». Comme si la prise de conscience d’une nécessité, consciemment reportée pour cause de « j’ai pas le temps » (cf au-dessus) se faisait en douce, un peu malgré nous. Le cerveau balance ça en tâche de fond et nous le ressort limite tout cuit. On a l’impression de se réveiller, de regagner du ressort, de l’énergie. La maturation a été si discrète qu’on la découvre à peine alors qu’elle arrive à son terme et a existé pendant une période parfois très longue. Et pendant ce temps-là, elle s’est nourrie de tout, elle a emmagasiné bien plus que lors d’un travail conscient et les éléments qui lui ont servi de terreau semblent plus riches, on a l’impression de pouvoir décoder un bout d’un tableau d’ensemble. Et ce petit bout se raccroche à un autre, et à un autre… La scène se précise, tout en conservant ses contours flous et son centre encore bien mystérieux.

Mon cynisme me ferait dire en déconnant que nous sommes bien trop nombreux à l’intérieur d’un seul corps et qu’il faudrait voir à penser de déménager, les squatteurs là ! Mais il y a un peu de ça, comme si une conscience supérieure était passée dans le coin et en avait profité pour m’offrir un café et ce petit temps partagé m’avait offert un grand trousseau de clés.
Le décryptage est simple ; j’ai pas le temps (ni les moyens) de brûler un cierge de remerciements aux responsables, je néglige un peu mon véhicule terrestre tout en lui en demandant vraiment beaucoup et c’est un autre moyen de les remercier pour avoir fourni l’énergie nécessaire à une (toute) petite avancée sur la voie de la spiritualité.

Un jour, faudrait que j’aborde la question de la relativité et son application au niveau de la stratégie… (humour inside)

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