Sans gluten

Sujet d’actualité, avec son lot de théories, de régimes fumeux et de conseils très avisés… Qui n’en sont pas toujours.

Avant d’aborder ce petit « guide de survie pour nouvel intolérant », deux choses :

– je remercie mon médecin traitant. Ayant développé presque tous les syndromes d’une polyarthrite ankylosante, il m’a fait passer plein d’examens. Lesquels n’ont rien montré. Et tant mieux ! Retour au cabinet et conseil avisé : « essayez d’enlever le gluten, et si ça ne fonctionne pas, le lactose. Si ça ne fonctionne toujours pas, enlevez les 2. Revenez me voir quelques semaines plus tard si les syndromes persistent » ;

– je suis sensible, pas intolérante* ou allergique. En d’autres termes, je peux manger du gluten, je sais simplement qu’il y aura un contrecoup (comprendre : la réapparition des douleurs articulaires dans les heures qui suivent la digestion et pendant quelques jours).

*N’ayant pas été testée, je ne peux écrire « intolérante » et ni prétendre être atteinte de la maladie cœliaque.

Avertissement : les écrits qui suivent sont donc basés sur mon expérience et ne sauraient valoir pour une autre personne que moi. S’écouter reste le principal chemin à emprunter pour « apprivoiser » les réactions de son métabolisme.

Petit Guide de Survie

S’informer et échanger

Comprendre la maladie et ses symptômes : le site de l’AFDIAG (Association Française Des Intolérants Au Gluten)

Échanger sur un forum canadien en français, sérieux et sur lequel trouver des liens vers quelques études médicales costaudes pour comprendre les mécanismes et les percées de la recherche : SOS Gluten.

Je n’ai pas fouillé les réseaux sociaux mais je ne doute pas que quelques groupes existent.

Comprendre

Ce que notre corps a à nous dire. Donc, retour à nos amis carnets et stylos pour noter nos écarts et nos prises alimentaires extérieures.

Pourquoi donc me direz-vous ? Parce que cette période d’observation est utile. Pour comprendre à quoi on réagit, pour se repérer dans les produits à bannir VS ceux à introduire, pour revenir sur ses pas et vérifier des hypothèses.

Exemple : les farines.

Ahhh ben c’est tout bête, suffit d’enlever le blé me direz-vous. Rires, oui je l’ai faite celle-là. Puis j’ai retiré le seigle aussi, introduit celles de riz et de châtaignes, essayé de mixer seigle + riz avant de me rendre à l’évidence… Trouvé des solutions de substitution, comme fabriquer son levain avec du kéfir et de la farine de maïs par exemple.

Vérifier

Parce que 2 ou 3 jours plus tard, difficile de se souvenir de ce qu’on a mangé.

Et paf, l’apéro entre amis : bière + biscuits (bah oui, vous n’aimez pas les chips, dommage !) = #fail total.

S’organiser

Faire une liste de courses, la suivre et mettre des croix sur les produits achetés que l’on ne pourra pas consommer. Bête comme choux la petite croix, mais se souvenir 2 semaines plus loin que la boîte trop tentante au fond du placard n’est pas pour nous sans avoir à éplucher de nouveau la liste des ingrédients, c’est pratique (et ça évite les déceptions).

Astuce utile qui évite aussi à vos colocs de vous offrir des lots promotionnels de Tucs quand vous n’y avez plus droit mais que c’est trop trop trop tentant ! Et qui du coup peuvent les dévorer pour vous faire bisquer.

Accepter

Oui, ce carnet est celui des râleries, du sentiment d’injustice, d’anormalité même (quoi, on a le droit de se sentir malheureux en voyant des passants dévorer des gaufres !)

Trouver des solutions de substitution

Après la phase « Ohhhh mais j’ai plus le droit de rien manger ! » se rappeler qu’en fait si, mais qu’il faut prévoir un temps d’adaptation. Ainsi, ce week end nous nous sommes régalés de crêpes à la farine de riz et au kéfir de lait, avec sucre et œufs dans les mêmes proportions que dans la recette habituelle. Une fois pris le coup de main et la bonne dose à mettre dans la poêle, le résultat était vraiment gourmand ! Et le plaisir de cuisiner revenu, d’autant qu’on va du coup vers plein de produits pour varier des pâtes (en Biocoop, bonheur des pâtes aux lentilles et consorts pour garder la présentation de cet aliment adoré des plus petits et découverte des goûts de tous les féculents autres !). Et que les essais sont rigolos. Les saveurs s’affinent et c’est avec joie que l’on revient aux fourneaux.

Les bonus dans tout ça ?

Une taille en moins.

D’autres témoigneront que pas, mais je suis revenue tout naturellement à mon poids de forme et j’ai retrouvé la sensation de satiété. La digestion ressemble de nouveau à un circuit normal et pas à « je fais ce que je veux [avec tes entrailles – et sans ton consentement, nanananèèèèèreuh !] ».

Évidemment, pour une amoureuse de marches sans but (mais longues et dans la nature), pouvoir avancer deux heures à bon pas sans avoir les articulations en feu est un pur bonheur !

Chacun et chacune arrivera au bout de son tunnel avec ses récompenses. Et il ne sera plus question de se dire « phase 1 : complète, maintenant le plus dur, vivre comme ça jusqu’à la fin de mes jours » mais « Libérée, délivrée »* et apprécier de retrouver un corps au top de sa forme 😉

*Mathilde, je pense à toi miss !

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