Poste restante

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Montecaos

Cette recette a été donnée sur un groupe et je n’ai pas souvenir du nom de son auteur… Désolée et merci à elle, je l’ai adoptée et elle fait partie de mes classiques désormais.

Elle rappellera probablement plein de souvenirs aux quarantenaires et + 😉

Montecaos

Ingrédients

  • 250g de farines (je mélange grosso modo : moitié riz et moitié sarrasin et j’ajoute une cuillère à soupe de farine de lupin)
  • 125g de gras (huile de coco – ma favorite ! ou beurre ou huile au goût neutre)
  • 120g de sucre
  • Et un parfum : cannelle, eau florale d’oranger ou de rose, gingembre, cacao… Selon l’inspiration et l’envie du moment.

Recette

Dans un grand saladier mettre les farines et le sucre, donner un bon coup de fouet.

Creuser un puits au centre, ajouter le gras (si c’est de l’huile de coco ou du beurre les faire fondre doucement au préalable).

Former des petites boules et les aplatir légèrement.

Mettre à cuire à thermostat 4/5 pendant 20 minutes et surveiller : dès que le dessus craque les sortir et les laisser refroidir.

Bon à savoir

Rapide à faire, délicieux et se conservent bien dans une boîte hermétique.

Vu la quantité de gras je ne graisse pas les moules : je prends un grand plat à tarte et je pose les montecaos directement dessus. Une fois froids ils se décollent sans souci.

Ce sont de vrais « étouffes belle-mère », prévoir de quoi boire en les dégustant !

Il est possible de les saupoudrer (cannelle, cacao, sucre glace etc) quand ils sortent tout juste du four, ou de déposer des pépites de chocolat dessus 😉

[Fragment 23 : Déconnexion brutale]

Elle avait tout changé. Pris des tournants, des décisions, petites et grandes. Elle avait cherché à se mettre en cohérence, à joindre ses actes, ses pensées et ses dires. Elle avait progressé, passé des nuits à grelotter seule sous ses couvertures, des jours à arpenter intellectuellement des sentes improbables, parfois elle s’était littéralement perdue dans la forêt et avait suivi son instinct, sentant son corps la guider tout autant que son intuition. Elle avait cheminé, griffonné des pages et des pages, pleuré plus souvent qu’à son tour… Évacué, chassé, analysé, calmé, apaisé, réconforté, écouté… Appelé, longtemps, souvent et si fort !

Parfois, au détour d’un chemin elle avait senti le souffle de l’Alchimiste. Il lui était même apparu quelques fois, le temps d’un échange bref et joyeux. Mais le plus souvent il jouait les ombres. Ses semblants de réponses la rendait d’une infinie tristesse. Elle attendait encore et encore, persuadée que la période de reconstruction qu’il avait instaurée serait une bonne chose.
Et il y avait eu l’accident.
Elle avait été meurtrie et choquée. Rien de dramatique mais son lien à la Nature avait été provisoirement atteint et elle avait appelé son alter ego. Son besoin de réconfort était inextinguible. Face à ses silences répétés, elle avait insisté. Et avait fini par se regarder en face. Dans le miroir, là où elle refusait de s’accorder le moindre coup d’œil. Son comportement passé au crible. Et rien ne le justifiait plus, même à ses propres yeux encore trop complaisants. Elle avait décidé de rompre le lien. Et pour cela, rien de plus simple.
Découvrant son état, elle se devait d’accepter la solitude. La vraie, celle où ni support ni chaleur ne venait de l’extérieur. Rebâtir son cœur, assumer ses rayures, avancer dans la construction de son identité pour pouvoir l’incarner dans sa plénitude. S’ouvrir au monde et se montrer telle qu’elle était réellement. S’ouvrir. Aimer. S’embrasser en tant que petite sorcière balbutiante, aux inspirations heureuses. Trouver sa place, opérer les changements nécessaires et accepter ses limites, trouver ce qui la faisait vraiment vibrer dans ce monde, ce qui lui faisait naître un sourire spontanément, et concilier le tout avec ses engagements.

Sous les frondaisons, les gouttes de pluie se faisaient douces et leur rythme martelant les feuilles guidait celui de sa marche. Elle savourait ces odeurs d’humus et de bois, celle de la poussière qui retombait et souriait aux quelques bravaches chants d’oiseaux qui préféraient voir le soleil à l’horizon.
Elle s’arrêtait devant les bourgeons naissants, saluait les fleurs et les champignons, suivait sa boussole interne – complètement déréglée – pour aboutir devant un ancien lieu de culte et son bassin… Entendait l’appel des gnomes, tournait autour du tas de pierres – vortex et lançait l’appel. Le silence assourdissant de l’Alchimiste encore, comme une aiguille si pointue et affûtée. Et la voix amie, la sororité, la proposition spontanée et immédiate.
Alors elle prit le chemin du retour. Celui de son identité, de ses désirs bafoués, des promesses tissées de vents car non formulées. Lasse de la manipulation, des contacts inexistants et encore nourrie d’expériences qui l’avait ramenée si loin en arrière, dans une insouciance si heureuse, si empreinte de légèreté, elle franchit le point de non retour. Pour se retrouver, pour tenter de restaurer sa dignité, parce que dans le creuset de sa transformation il y avait in fine cette épreuve à passer. Quitte à tout perdre, à ne plus rien accepter d’office, à devenir méfiante et à s’amputer d’un lien précieux.
Plus de compromis bancals, plus d’orgueil dans la séduction, plus de fantasmes adolescents. Place nette, découpe franche et points de suture à vif. Non, elle n’avait pas emprunté le chemin pour céder à la facilité ou perdre du temps. Oui, elle se méritait. Même si elle était tant imparfaite, même si elle ne souffrait aucune comparaison, même si elle n’était que ce qu’elle était.
Noyée dans son chagrin, elle en était comme anesthésiée. Et c’est dans cet état, déconnectée de son corps douloureux et portant encore les séquelles du choc, qu’elle encaissa celui émotionnel. Le physique résonnait à l’unisson de sa peine. Elle se sentait réservoir de pleurs ancestraux, capable de laisser aller une douleur qui la dépassait complètement. Les rites et les temps allaient devoir s’enchaîner pour exorciser tout un ensemble d’éléments qui n’étaient plus en phase avec la fluidité dont elle avait pris nouvellement conscience.

Que le travail soit solitaire lui semblait désormais nécessaire. La complémentarité, elle la laissait à d’autres. Sa voie n’était pas là, pas maintenant. Son cœur ne vibrait pas d’autre amour que celui maternel et sauvage. Sa louve intérieure réclamait l’apprentissage d’un tantra acétique. Cela lui convenait. Elle observait les cycles, acceptait les états d’âme qui en marquaient les étapes, revenant cycliquement pour mieux lui rappeler sa solitude choisie et ce qu’elle impliquait. Elle comptait les mois, sachant que certains de ses rêves prenaient la direction d’un deuil pénible mais nécessaire. Elle devait se stabiliser, apaiser encore ses voix intérieures, consoler son enfant intérieur et avancer les yeux fermés, pour mieux laisser son âme la guider.

Nul choix ne lui paraissait être le bon, aussi jeta-t-elle les dés sans regarder les résultats et elle s’avança sur un autre sentier, plus sombre, plus étroit et bordé de ronces. Ses premiers pas trébuchants lui tirèrent des larmes, les branches mi-basses s’emmêlèrent à ses cheveux laissés libres et de fins rameaux vinrent se mêler à son col. Elle n’enleva rien, se fondant dans les cadeaux de Mère Nature, cueillant les asperges sauvages pour les savourer comme autant de cadeaux précieux. Elle présenta ses hommages au Petit Peuple, se reconnaissant comme sourde et aveugle, se présenta à des lieux encore inconnus d’elle et erra. Ainsi marqua-t-elle ce chapitre et décida-t-elle d’envoyer la dernière missive.

Parce que tout a une fin, et qu’il ne tient qu’à nous de la situer.

Au-dessus de sa tête un arc-en-ciel vint se superposer aux gros nuages gris, encore lourds de pluie et plein d’éclairs. Le vent souffla sur ses joues, séchant ses larmes. Un rayon de soleil lui arracha un sourire. Son souffle accéléra. Et son cœur fit une chute que rien ne semblait plus pouvoir arrêter tant il était lourd de chagrin.

Le temps des Deuils était venu. Là où le Printemps appelait à une renaissance, elle entrait dans l’Hiver de son âme. Et ce n’était pas son corps, incapable de se réchauffer quelques soient les efforts physiques qu’elle fournissait, qui viendrait signifier le contraire. Ni colère, ni amertume. Mais un besoin immense de se laisser bercer dans les bras de la déesse et de se rencontrer, au-delà de toutes les constructions mentales, de toutes les illusions, de toutes les couches superposées pour « aller en société ».
Il lui fallait retrouver le lien. La connexion. L’indispensable fonction qui faisait que sa vie pouvait trouver un soutien, à défaut d’un sens pour continuer de se dérouler. Parce qu’elle ne pouvait accepter de parcourir la forêt sans ne plus rien ressentir. Pourtant la malédiction avait été jetée, et elle l’avait écartée d’un vague geste de la main, sans lui accorder le moindre poids. Aujourd’hui, elle s’en mordait les doigts et espérait…
Parce qu’il ne lui restait plus que ça.

[Fragment 22 : La Quête. Sur le Seuil.]

Elle se réveilla subitement, avant même le petit jour.
Parti, il était parti. Tout contact coupé, seule restait la solitude. Complète, intégrale.
Devant elle la route toujours, sinueuse, arborée, véritable invitation au périple et à la confiance aveugle tant les tours et détours ne laissaient rien entrevoir. Le cœur ouvert, saignant que tout ce qu’elle avait laissé derrière elle pour accomplir sa transformation, elle referma ses yeux et se lova un peu plus sous les couvertures. Le vide était total autour d’elle, même son familier s’était éloigné depuis quelques jours et ne répondait plus à l’Appel. Les vents tourbillonnaient, le froid s’insinuait partout et elle gelait, y compris dans son âme. Quelque chose cristallisait malgré elle.
Elle se tourna vers son étincelle de Lumière, cette Merveille qu’elle avait mise au monde et laissée aux bons soins de son précédent compagnon, perdu lui-même depuis bien longtemps sur d’autres sentiers qu’il avait choisi d’explorer. Son Amour la réchauffa un peu et elle se secoua pour reprendre son cheminement. De rencontres éblouissantes en écoutes douces et bienveillantes, elle voyait se tisser la toile d’un soutien inébranlable et inconditionnel du Masculin. Ses incarnations avaient chacune leurs facettes étincelantes, leurs énergies diffuses et maîtrisées, leurs attentes fraternelles et elle savourait leurs regards, apurés de tout désir. Elle se savait à quelques pas de la reconstruction. Ce long processus, ces moments où elle devrait prendre son cœur entre ses mains pour en retirer chacune des épines. Certaines étaient plantées depuis si longtemps qu’il faudrait rouvrir les cicatrices et laisser suppurer avant de pouvoir guérir. Le simple fait d’y penser lui serrait la gorge et des larmes engorgeaient ses yeux. Mais pour qu’elle puisse à son tour rayonner, pour qu’elle puisse encore avancer, il n’y avait plus d’autres solutions.
Elle avait balayé tout autour d’elle. Il lui fallait maintenant entrer dans l’hiver et parcourir ses ombres. Accepter de se regarder avec franchise, tailler dans ses présupposés, se remettre en question à tous les niveaux.
Seule.

Son attachement, son lien si fort avec cet autre à peine croisé, venait d’être tranché. Et pas par elle. Elle en était meurtrie, son ego se rebiffait, son mental lui jouait toutes les scènes et son imagination ne lui épargnait rien. Elle se concentrait sur sa respiration, cherchait le temps mort où l’inspiration du rituel lui permettrait d’entamer le deuil de cette relation, de cet être fantastique et fantasque. Elle l’avait remercié, appelé, raconté… Trop. Trop de projections, trop de certitudes, trop d’évidences. Alors il fallait se débarrasser de ces oripeaux, accepter sa demande, le laisser cheminer de son côté et bien voir si leurs pas se recroiseraient.
Confiance et lâcher-prise.
Aucune autre alternative, pas de fuite (elle la refusait de toutes façons, ce n’était pas sa manière d’être). Avancer. Se réchauffer au rythme des pas, évoluer, grandir, naître à soi.
Hiberner. Pour elle qui ne supportait pas le froid, c’était une épreuve. Quitter son nouveau cocon, laisser son antre et refuge pour continuer. Aller aussi loin que possible. Ne rien mesurer. Demander. Recevoir. Traiter. Mûrir. Avancer encore. Demander de nouveau. Respirer. Juste respirer, laisser circuler. Pleurer. Évacuer. Tout évacuer, douleur incluse. S’ausculter. Retrouver un infime espoir qui s’était caché dans un recoin. Le prendre, le considérer, le remercier et le mettre dehors. Assainir. Encore et encore. Faire place nette.
Reprendre le processus. Aller débusquer ses leurres jusque dans les tréfonds de ses rêves les plus intimes, éveillés ou pas. affronter cette vérité. Et laisser les signes la guider.

Croire.
En soi. En la Providence. En une flopée de déesses, d’autres femmes incarnées. Chanter. Danser. Boire, manger et rire. S’émerveiller. Se découvrir. Créer. Enclencher la phase alternative. Celle qui accompagne, qui narre malgré tout, qui participe du grand nettoyage en allant chercher des symboles, des éléments, des identités nouvelles.
Émergence.
Mettre dans l’art tout ce qui ne saurait être apuré autrement. Encore. Recommencer. S’obstiner. Balayer, nettoyer, récurer, lustrer, évacuer.
Laisser la Nature remplir ensuite, ne pas choisir, avoir confiance.

Confiance. Confiance. Confiance.

Ce qui vient Est bon. Ce qui Est juste. Ce qui vient, elle le Crée. Jusqu’au Je.
Pour retrouver peut-être une nouvelle dualité.

Et remercier, encore et encore, l’Alchimiste de l’avoir mise sur la voie. De l’avoir recentrée. Réancrée. Quel cadeau. Quel don !
Partir avec, et accepter la réciprocité. Son besoin. Sa coupure. Ses silences, ses creux, ses absences. Pour mieux entrer en soi, en elle et se transmuter encore un peu. Seule.
Pour incarner un jour; peut-être, son féminin.

Potentiel. La graine est plantée. Gratitude.

[Fragment 21 : L’Alchimiste]

Elle parcourait le sentier avec confiance. Il y avait bien cette petite gêne, ce minuscule caillou qui la faisait modifier ses appuis mais elle persistait. Elle rayonnait et les regards qui lui étaient rendus la mettait en confiance : approbation sociale comme support. Aussi quelle ne fut pas sa surprise quand elle croisa l’Alchimiste. Oh ce n’était pas la première fois qu’ils se rencontraient. Entre les mondes leurs frontières étaient peu étanches, il était dit qu’ils se verraient et il avait suffit d’un Souffle pour que leurs âmes se reconnaissent dès les premiers regards.
Au fil des saisons ils avaient échangé, s’étaient fréquentés et avaient pratiqué quelques fois de concert. L’admiration était réciproque : elle avait le sentiment d’avoir une épaule sur laquelle s’appuyer de temps à autres. Il lui simplifiait la communication : ils se passaient aisément des mots. Leur usage était restreint, laissant la place au silence. Dans celui-ci s’inscrivait bien plus et leurs émotions dansaient tandis que leurs regards étayaient leurs confiance. Selon leurs rythmes, ils se réconfortaient mutuellement, s’offrant un sourire, une écoute ou une étreinte fraternelle.
Elle parcourait le monde, arpentant ses sentes avec l’envie de resplendir et de porter autrui bien au-delà de ce qu’elle s’autorisait pour elle-même. Et l’Alchimiste se plaça au détour d’un chemin. Il avait choisi un de ces sentiers qui sont si larges qu’ils ne puissent être autre chose que rassurants. Il l’attendait, reconnaissant d’être là. Leurs présences résonnèrent et toute la forêt s’offrit à eux dans sa Magie la plus complète. Feuilles, pierres, sol mais aussi rivière et habitants revêtirent leurs habits de lumière pour leur offrir un spectacle émouvant. Les étoiles parachevèrent le tableau, dans un émouvant ballet fugace et pourtant si pérenne. Leurs vœux posés, il lui laissa le temps d’ouvrir de nouveau les yeux et de contempler le monde.

Elle était rétive : son univers lui convenait, croyait-elle. Pourtant, comment l’aurait-il pu alors qu’elle avait fait taire ses voix intérieures ? La voie n’en était que faussée. Pour elle, il para les instants de rythmes nouveaux. Pour l’accompagner, il lui montra ses couleurs. Pour la rassurer, il la laissa errer. Toujours présent, jamais loin mais attentif à ce qu’elle ai le temps et l’espace nécessaire. Face à ses doutes, il lui offrit la franchise. Pour apaiser ses peurs, il ouvrit ses bras. Pour lui permettre d’avancer, il la plaça face à ses contradictions. Transmutations.
Accompagnant la métamorphose, il s’éloigna. Elle ne put que se chercher et parvenir au constat de son égarement total.
D’une main ferme et amicale, il la conduisit à la Pierre. Le minéral, son élément. Confrontations.
Blessée et vexée, elle sortit de la rencontre alourdie. L’Alchimiste lui asséna alors une autre vérité. Rappel des fondamentaux. Son creuset était à l’aune de ses convictions : en airain. Elle s’y fracassa de tout son être. Meurtrie mais heureuse elle se releva, déposa son fardeau et reprit la route. Faisant fi des ronces et des hauteurs, elle avança selon ses humeurs, acceptant de nouveau de se laisser porter par les vents, d’accompagner lutins et farfadets dans leurs rondes. Elle se remit à respirer : l’apnée avait assez duré.
Sa Louve intérieure hurla. Ses désirs s’éveillèrent et le feu naquit en elle. Ses eaux étaient fumantes, elle n’avait plus senti ces éléments s’imbriquer depuis des saisons et des saisons. Sa surprise lui sembla totale. Mais force lui était d’admettre qu’une simple hésitation était parfois plus révélatrice qu’une forte réaction. Elle se mit alors à naviguer dans ses eaux troubles. Ce qui en sortit la conduit à trébucher. Elle entama alors un dialogue intérieur qu’elle avait passablement négligé. Naïades, feux follets, ondins et autres esprits : tous furent d’une aide précieuse dans leur soutien. De chacun elle eut un signe et de l’ensemble elle fit une tresse : le schéma lui apparu, limpide. Décision fut prise – et appliquée.
Évidemment, le cortège de doutes vint dans une joyeuse sarabande. Mais elle fut inébranlable. Certes, elle trembla dans la tempête et fut si secouée que bien des fois elle crut lâcher prise. Mais son cœur était honnête et rien en elle n’acceptait de demi-teintes. Après que le monde ai recouvré ses couleurs et sa chatoyance, elle ne pouvait faire marche arrière. Aussi avança-t-elle.

Tête relevée, elle ne put que rire en voyant ce si grand savant la devancer sur le chemin, oublier de frapper aux portes et en être immédiatement rappelé à l’ordre. Rappel des fondamentaux donc…

D’une boucle à l’autre, ils avancèrent de front, joyeux et fluides, dans une danse qu’ils auraient voulu voir durer encore et encore. Mais conscients des enjeux et du moment, ils savaient qu’il n’était pas encore temps. Les pactes scellés, les promesses renvoyées aux quatre vents, ils laissèrent les chemins guider leurs pas et les séparer une fois de plus. Confiants dans les liens étroits qui les unissaient, ils attendaient la prochaine danse, réunion de leurs âmes, en reprenant le cours de vies qu’ils leur fallait bien mener.

Elle laissa sécher ses larmes par l’orage de chaleur qui l’accueillit. Apaisée, presque sereine, elle se sentait revivre et en capacité de supporter la suite des événements. Retour au bitume. Sur ses pas un papillon s’envole tandis qu’une sauterelle surfe sur son pare-brise. Messages bien reçus et boucle bouclée. Une de plus.
Il est plus que temps de sortir de sa chrysalide.